EXCLUSIF, 22:56 - François Hollande annonce la dissolution de l'Assemblée Nationale

mardi 21 janvier 60531 Partages

EXCLUSIF, 22:56 - François Hollande annonce la dissolution de l'Assemblée Nationale

Le président de la République, François Hollande, s'est adressé directement aux journalistes de l'AFP et leur a indiqué, par communiqué, qu'il allait procéder à une dissolution de l'un des organes majeurs de la vie politique et législative française, l'Assemblée Nationale.

Dans un contexte délétère au niveau politique, les spécialistes (voir notre article "La dissolution? une politique-fiction ?) jugeaient, dans un élan étrange, que la dissolution de l'assemblée nationale n'était plus une simple fiction et une possibilité belle et bien réelle. En effet, dans un livre publié en 2006, F. Hollande précisait qu'il était "impératif d'avoir recours à un vote consultatif, par la voie référendaire, par exemple, pour assurer une démocratie sereine et réaliste" : voilà qui est fait. Les électeurs seront donc invité à se rendre aux urnes samedi prochain. L'AFP précise que "le Président de la République assume cette décision", qu'il "ne craint pas, a priori, un basculement à droite de l'Assemblée [Nationale, ndlr.]".

Les réactions ont été très rapides. Surtout à gauche. Sur Twitter, Yan Galut écrit "immense surprise face à la dissolution consterné". Les "frondeurs" du PS (voir notre article "La fronde du PS : une résistance bien réelle ou une autre bagatelle?") ont également réagi. Le frondeur PS Pouria Amirshahi met le président en garde contre une " énorme erreur stratégique", voire une "faute politique". Michel Pouzol, quant à lui, écrit "Quel est le but sinon de faire sauter la fronde?". Beaucoup de députés PS se sont insurgés, en off, de cette dissolution. "Il a cédé à la droite", lâche un proche de Benoît Hamon, le tout juste ex-ministre de l'Éducation. "C'est invraisemblable, il cherche la cohabitation. Il préfère répondre aux singeries politiques de la droite plutôt qu'aux débats cruciaux qui attendent la gauche", nous explique par ailleurs un député plutôt proche de la Fronde et de Martine Aubry, qui est restées muette encore. À droite, on se gargarise : une nouvelle victoire! "Hollande cède à la voix du peuple, à la voix de la raison.", publie NKM sur son Tiwtter. Jean-François Copé, qui était resté jusque lors très discret (lire notre article "Copé après Bygmalion") a publié lui aussi un statut Twitter où il se dit " très choqué que le président n'ait pas déjà démissionné". "Désavoué", tel est l'adjectif qui sort des rangs de droite. À l'extrême droite, Marine Le Pen se "félicite" d'un "tel succès politique et populaire". Gilbert Colard a indiqué que "la démocratie est terrible [pour la majorité, ndlr] mais importante".

À qui ce remaniement profite-il? Pourquoi une pareille audace politique?
À ces questions, François Hollande a indiqué qu'il y répondrait, dans "une conférence de presse cordiale et franche" (AFP). Elle devrait avoir lieu ce mardi, alors que Manuel Valls doit annoncer son nouveau gouvernement.